UNE INCONNUE EN TERRES BLANCHES ( THE END)
Ce fut le calme avant la tempête. Elle interrompait un instant son dévergondage calculé pour analyser le moindre de mes comportements.
L’explicite de son regard inquisiteur me fit l’effet d’une bombe à retardement. Dans le reflet de ses yeux clairs je pouvais percevoir le moindre de mes frissons dévastateurs, de ces réactions épidermiques qu’on attribue essentiellement aux femmes dans l’attente d’une possession puissamment masculine.
Encore ruisselante des eaux tièdes elle épousait mon corps de ses formes, chaque parcelle de sa peau en totale adhérence avec le moindre de mes frémissements. Puis avant autant de délicatesse elle s’employait à me dévêtir de ce petit pull dont elle aimait tant le décolleté en V sur mon buste imberbe et musclé, avant de laisser à nouveau couler ses seins et son ventre sur mon corps en attente de ses expressions érotiques.
Glissant ses mains jusque sous mon nombril, avec précision et persuasion, elle prolongeait son attaque en règle en dégrafant lentement chaque bouton de ma braguette sous laquelle palpitait mon membre bien trop à l’étroit sous le coton, dans de telles circonstances.
Je m’attendais à chaque instant à ce qu’elle engloutisse mon sexe raide et arrogant entre ses lèvres chaudes et humides, mais elle n’en fit rien, préférant poursuivre dans sa logique de l’effeuillage, mon déshabillage.
Elle me déchaussait, à genoux, à mes pieds, contemplant mon affolement digne de mon cerveau reptilien, fière de sa domination, noble dans sa manière si particulière qu’elle avait d’aborder le sensuel de ma virilité.
Puis elle contemplait mon corps nu dans l’arrogance de son érotisme jupitérien, depuis mon sexe dressé jusqu’à mon cou, dont je pouvais ressentir, dans mes veines dilatées par l’attente d’être dévoré, une tension peu commune au diapason de mon cœur malmené.
Puis comme une féline se jetant sur sa proie, elle m’aborda sans sollicitude, laissant couler sa fente diabolique sur ma raideur, obélisque fantaisiste en attente de perversion.
Une rivière vint m’accueillir, geyser lubrique de ses envies, se déversant dans l’impudence sur mes bourses tendues par le désir et les fessées qu’elles infligeaient à sa croupe avide de la puissance au masculin.
Véritable amazone des temps modernes, elle conduisit son plaisir de main de maître, devrais je dire de maîtresse jusqu’à la jouissance qui la renversa en arrière, déclina son regard et l’emporta dans un cri sans fin.
Aucun contrôle, la délivrance ! Se moquant bien de mon plaisir, jouissant de mon organe viril à sa volonté, coulissant plus que de raison, réclamant encore et encore du plaisir, toujours plus fort, toujours plus violent, elle m’amena ainsi au bord du plaisir qu’elle interrompit en me délivrant cruellement de son étui.
Désemparé, je crus qu’elle allait m’abandonner ainsi, livré à moi-même, ou pire qu’elle allait m’ordonner de me masturber pour assouvir ses nouveaux fantasmes d’un homme à sa merci.
Mais elle n’en fit rien, adoptant soudain une attitude plus chatte, elle m’invitait à quitter le fauteuil, guidait mes mains sur son sexe trempé, les accompagnait en des lieux plus secrets, vers l’intimité de son fourreau interdit.
Prête à assumer toutes mes envies, elle se positionnait à genoux sur le large fauteuil, m’offrant sous les fossettes de sa cambrure dodelinante, la perfection d’un Y largement offert à mes désirs les plus lubriques.
Cambrant ses reins, plongeant ses doigts entre ses lèvres de cyprine détrempées, elle m’invitait, elle m’ordonnait de baiser son cul à volonté, jusqu’à l’extase de nos deux corps, dans la douleur, la soumission, dans le plaisir, me suppliait de la défoncer.
Elle n’était plus la même femme, elle n’était plus Jacky, plus celle que j’avais aimé à plusieurs reprises, mais bien la salope dont elle réclamait que je la traite, celle qui méritait des fessées qui rougissent sa lune malmenée par mes assauts concupiscents et bestiaux entre ses reins offerts et désireux d’être possédés dans la violence de sa passion.
Puis, elle mit toute sa fierté de femelle à m’enserrer de ses mouvances, m’interdisant délibérément d’être trop male dans mes coups de bassins, préférant coulisser d’elle-même que d’être prise, préférant gérer le don de son cul, comme une offrande, que comme un abandon à mes envies sodomites.
Je ne pus plus longtemps retenir mes émotions tant son agent provocateur fit preuve d’amour et de dévotion à m’inonder de ses ardeurs de femme libérée de toutes inhibitions
Ma délivrance fut si puissante que j’en perdis toutes notions de gentleman, la traitant à répétition, à l’unisson de mon orgasme entre ses reins comblés, de salope, comme un laïus, ou bien encore une oraison.
L’instant d’après, me libérant de son fourreau, je la couvrais de baisers et de morsures, de désir encore, mais aussi d’amour.
Elle m’entrainait comme une sirène dans les eaux calmes du bassin, puis m’abreuvait d’un long baiser, de ceux dont on voudrait qu’ils ne s’arrêtent jamais tant on sait qu’ils symbolisent le mot fin.
« Viens rentrons maintenant, il est temps que nous partagions plus de douceur »
Dans le grand lit nous nous endormîmes, mon sexe toujours gourmand entre ses lèvres assoiffées, nos corps collés, nos corps comblés par le plaisir puis la douceur d’une étreinte complice de nos dérives.
Au petit matin, lorsque je me réveillais, Jacky n’était plus là, elle avait disparu.
Ne subsistaient que les effluves de son parfum et les senteurs d’amour de ses dentelles qu’elle avait pris soin de me laisser sur la table accompagnées d’un simple mot
« Je t’aime, ne m’oublie jamais » assujetti d’un numéro de téléphone et d’une adresse mail.
Fidèle à ma ligne de conduite, à savoir ne jamais revoir mes amantes, je résistais longtemps avant de la joindre, elle mit aussi beaucoup de temps à me répondre. Nous laissâmes filer le temps, les envies. D’autres amantes, d’autres folies m’emportèrent loin d’elle, mais je préservais à tout jamais intact le souvenir de ces instants volés passés en sa compagnie, me jurant de ne pas céder à sa diabolique attirance.
J’ai failli céder à maintes reprises, la rejoindre quand elle m’y invitait, mais j’y ai préféré ma liberté.
Pourtant aujourd’hui c’est entre ses bras que je dors toutes les nuits et je défis quiconque de me l’enlever.
THE END

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