ACTE III
Elle avait trainé toute la matinée, le loft était superbe, très esthétique dans sa décoration, peut être manquait-il la griffe d’une femme, mais pas une faute de goût n’attirait l’attention.
A cette saison le temps était déjà clément, elle avait oublié ses tenues glamours au profit d’un petit short élégamment porté, d’un petit pull de coton moulant à la perfection les rondeurs de sa poitrine et d’un paire de sandales à lanières à semelle compensée ,Il serait bien temps de parfaire sa tenue pour accueillir Benoit.
Elle avait retenu d’une barrette ses cheveux bouclés vers l’arrière, à la base de sa nuque dégageant ses oreilles, puis avait harmonisé sa coiffure trop stricte de deux couettes souples et bouclées reposant sur ses épaules en cascade .Une vrai gamine avait-elle pensé en regardant son image dans le reflet du miroir. Ou une squaw actualisée version XXI ème siècle …
« La gamine version squaw » avait bossé toute la matinée sur une nouvelle anecdote érotique, plus osée qu’à l’accoutumé, surement inspirée par l’attente fébrile de Benoit. Elle avait couché sans discontinuer des notes sur le clavier, les avait rassemblées, puis, emportée par son élan, s’était substituée à l’héroïne .Il en était souvent ainsi, mais dans cet endroit masculinisé, véritable antre digne d’un Don Juan des temps modernes, entouré d’un écrin de verdure, avec pour horizon une ligne indéfini entre le ciel et la mer, son imaginaire avait poussé plus loin sa perversion. Elle avait décidé prématurément de mettre un terme à son inspiration littéraire, lorsque des signes avant coureurs d’un désir insurmontable, de drôles de sensations dans son ventre et autre frissons délateurs avaient altéré sa concentration... Comme souvent quand ses envies devenaient insupportables, elle ne s’était pas refusé le plaisir malgré sa solitude.
Face à l’immensité qui s’ouvrait devant elle, une impression de liberté l’avait envahie, derrière ses paupières mi closes réchauffées aux rayons du soleil printanier .Elle avait visionné, en désordre, des foules de scenarii avec des hommes connus ou inconnus, avait invoqué ses fantasmes les plus vicieux, les plus tordus, les plus dégeulasses, de ceux qu’on ne peut même pas s’avouer tant ils semblent tortueux. Ses mains presque instinctivement avait défait la fermeture de son short, ses doigts plus fébriles avait investi son petit chat sous ses dentelles .Elle avait ressenti une certaine honte lorsque ses doigts étaient entrés en contact avec le fluide de son intimité s’épanchant d’entre ses lèvres ouvertes avant même de s’être caressée. Puis l’instant d’après, pervertie par la tiédeur moite de son sexe, elle avait aimé la femme qu’elle était, celle qui assumait ses dérives érotiques, celle qui désirait aller au bout de ses plaisirs et de ses envies. Elle s’était enfiévrée, ses doigts avait fait le reste .Elle avait fermé les yeux, ses lèvres s’étaient irraisonnablement empourprées, son cerveau avait disjoncté, son esprit rationnel avait quitté son corps pour laisser la place à un démon charnel envahissant son ventre, laminant de manière lancinante le cœur de son érotique sanctuaire. Elle avait inventé des sexes démesurés, des bouches envahissantes, des lèvres si gourmandes qu’aucun de ses sensuels orifices n’y résistaient, qu’importait le genre, au féminin, au masculin, elles n’étaient là que pour son plaisir.
Se caressant jusqu’à la douleur, jusqu’au bord du plaisir, juste soumise à ses propres attouchements, mais pour autant libre de ses mouvements, capable d’assouvir sa gourmandise en vagues successives ,sans cesse renouvelées, elle avait atteint l’orgasme plusieurs fois .Quand sa bouche criait encore , elle avait la liberté de jouir à nouveau, quand elle murmurait trop bon , trop fort ,elle avait le pouvoir d’aller encore plus loin , son bouton regorgeant de pouvoirs indiscrets, et son ventre de ressources mystérieuse électrisant son corps de secousses mouillées dégoulinant en une source intarissable le long de ses cuisses largement écartées. Quand au bord du malaise, emportée par l’écume d’une déferlante extatique plus violente, plus dévastatrice, dans un état semi comateux, ses paupières mi closes, son souffle restreint elle avait perçu comme une apparition, la silhouette de Benoit à contre jour.
Il était là, face à elle, sa queue raide dans sa main, magnanime, en train de se branler au même rythme que le plaisir dont Lou lui faisait offrande involontairement.
Loin de faire infraction, cette soudaine apparition avait emportée Lou plus loin, encore plus loin dans la jouissance. L’extase l’avait déchirée quand Benoit ne retenant plus son plaisir , le crachant en jet brûlant entre ses doigts s’était adressé à elle en geignant , puis en criant
« Salope, salope, j’ai su au premier regard que tu étais une vraie traînée…je n’ai pas eu tort…t’aimes ça hein ma petite pute, j’en étais sûr »
Elle avait fermé les yeux, comblée.
Lorsqu’elle revenait à elle, Benoit était penché au dessus de s es lèvres pour y déposer un baiser.
« Je ne t’attendais pas si tôt
-Oui je vois ! J’ai adoré ! Qu’y a-t-il de plus bandant que de regarder une femme se masturber !
-Oui, je te crois, mais c’est très égoïste de ma part !
-Egoïste ? Ne songeais-tu pas à moi en te caressant ?
-Oui mais pas que …enfin tu n’étais pas seul !
-Raconte…regarde, tu me fais rebander !
-Raconter je ne sais pas , ils étaient plusieurs , des bouches , des mains , des sexes ,des hommes des femmes dans un endroit sordide , une chambre délabrée , aux murs sales , une loupiote ,des hommes , et des femmes aussi revêtues de très belle lingerie , de la lingerie de luxe…
-Tu as vu tout cela …
-Oui et plus encore …
-N’en dis pas plus, tes aveux sont en train me faire l’effet d’un contrepoison…
-Pardon ?
- Tu me fais peur Lou, et si je n’étais pas à la hauteur de tes exigences »
Elle l’avait embrassé tendrement, émue mais contrariée par le soudain revirement de Benoit.
La surprise de sa présence, véritable feu d’artifice de leur jouissance, s’était transformée en pétard mouillé. Elle avait glissé sa main sous le Dim, rien, plus aucune réaction, elle avait attribué cette panne à la fatigue, au stress, mais surement pas à sa trop grande gourmandise.
Ce jour là sans le savoir, elle avait rallumé d’une étincelle la flamme trop longtemps défaillante de la lubricité de l’homme qui allait devenir son amant attitré.
Ces phantasmes qu’elle lui avait décrits avec tant de sincérité et de naïveté allaient lui inspirer des mises en scènes. Cette tenue de gamine qu’elle arborait comme une coquine lycéenne, ou encore son fétichisme pour la lingerie avaient renforcé ce troublant attrait charnel qui l’avait frappé à leur première rencontre.
Ce soir là elle avait modifié l’aiguillage de son destin, sans le savoir elle venait de signer un CDI avec lui dont elle accepterait sans sourciller toutes les clauses.
Lorsqu’il avait prononcé ces mots assassins, elle s’était levé, pédante, avait abandonné Benoit jusqu’en début de soirée, n’était réapparue qu’au début de la nuit, pomponnée, parfumée, maquillée, bandante à souhait moulée dans la basique des plus basiques de l’incontournable petite robe noire agrémentée de bas résilles.
Mais ce n’était pas des bas, mais des collants qu'elle avait enfilés, chose que Benoit n’allait pas tarder à découvrir
Elle allumait ici et là des éclairages indirect, invitait Benoit à s’installer au comptoir de la cuisine américaine, se juchait sur un tabouret, et malgré l’étroitesse de la robe laissait entrevoir son entrejambe .Elle avait enfilé la résille à même la peau, omettant toute petite culotte.
La garce ,avait-il songé, elle m’impose des barrières, autant me pousser au vice de la déculotter et de lui donner une bonne fessée .Etait-elle si diabolique de lui interdire son accès…
Diabolique, elle l’était …Entre les mailles du filet , se profilait , empreint au vice , son clitoris proéminant , bien engorgé, torturé par les tensions des fibres élastiques .Comme échappé de sa prison , il narguait Benoit ,au fur et à mesure que la jupe trop serrée remontait sur les cuisses de Lou qu’elle écartait de plus en plus indécente et provocatrice dans ses agissements ….
« Baise moi, Benoit, avec violence, avec envie, comme chez Pierre, te souviens-tu ? »lui dit-elle en resongeant à la scène
Bien sûr qu’il s’en souvient …Comment oublier ? Il croit bien que c’est ce soir là qu’il a compris qu’elle était faite pour lui !
« Tu vas avoir ce que tu mérites, ma petite pute, tu vas en prendre pour ton grade, c’est ça que tu veux, hein », lui dit-il, en brandissant sa queue tendue dans sa main
« Sa petite pute » s’exécute, relève sa jupe comme une trainée, cambre ses reins, et le plaisir gémissant au fond de sa gorge, accueille le chibre de Benoit dans la moiteur de son ventre.

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