LA COLOCATAIRE (La suite...)
Comment trouver le sommeil quand un souffle chaud et serein enflamme votre cou ! Un assoupissement vous enrobe, vous étreint sporadiquement pour vous abandonner et laisser libre cours à un imaginaire galopant dans le silence de la nuit.
Benjamin se bat inconsciemment contre les démons qui l’habitent épisodiquement ...Dilemme étouffant d’un homme en proie à ses désirs confrontés à un respect presque imbécile.
La chaleur corporelle d’Audrey contre sa peau, contre son dos, contre ses fesses lui procurent tour à tour plaisir et frustration, le silence se fait lourd, oppressant, à la limite de la rupture, du supportable.
Les images s’entrechoquent dans sa tête, un visage familier qui le nargue, puis s’éloigne, le visage d’une femme qu’il voudrait oublier, mais qui revient sans cesse comme un leitmotiv dans le refrain de sa vie chamboulée par l’érotisme d’une jeune diablesse aussi discrète que mystérieuse.
Remords, regrets tout s’enchaînent, de manière inextricable et peu contextuelle, mais c’est l’instant que choisit inconsciemment Audrey pour se retourner dans son sommeil entraînant bien malgré lui Benjamin dans son renversement somatique !
Son désir est bien plus que palpable, l’émergence de son appendice virile amorce une raideur au diapason de ses envies.
Comment résister ?
Il tente une main légère sur l’arrondi de la hanche, redécouvre une peau douce mais cependant frissonnante sous les effleurements plus que pudiques de Benjamin par trop discret, presque inhibé .Encouragé par cette réaction épidermique, il pousse plus loin son investigation érotico-sensorielle, glissant ses doigts par trop fébriles sur le ventre nu et agité d’une tension sensuellement perceptible pour l’homme en proie à ses pulsions qu’il symbolise bien malgré lui. Son membre tendu ne répond plus à sa rationalité empreinte de respectabilité quand Audrey, de manière allégorique, tend soudainement sa croupe, à la recherche d’un contact plus charnel, plus intense.
Ses doigts s’égarent doucement, parcourant chaque parcelle de ce corps par trop envoûtant, glissent de manière imperceptible sous le nombril jusqu’à se perdre dans un duvet naissant auréolant les failles d’une corolle aux pouvoirs érotiques.
Sous le linceul de l’obscurité nocturne, Audrey ressent chaque courbe de son corps sous la main caressante de benjamin. Elle en devine chacune des déclinaisons, en savoure, adepte d’un érotisme saphique, le voluptueux comme une amante à sa maîtresse, perdue dans le pouvoir tyrannique de ses désirs au féminin.
Elle réprime du mieux qu’elle peut sa dévotion à la délicatesse sensorielle de ces caresses, mais se perd en gémissements, en soupirs et autres frémissements et mouvances corporelles.
Comment résister à de telles audaces érotiques, si ce n’est en stoppant la course des doigts impertinents entre ses cuisses égarées par le désir naissant.
Pris au piège de son intrépidité érotique, Benjamin abandonne sa main dans une chaleur humide, rejoint, souverainement, par un sommeil complice de son impudeur jugulée.
Lorsque les premières lueurs du jour, au travers de la grande verrière surplombant le grand lit témoin d’un désir grandissant, mais néanmoins timide, vient les cueillir au bord d’un réveil douloureux, l’étreinte est restée figée, presque intemporelle, mais tellement traitresse de désirs inavoués ou stupidement étouffés.
Elle s’en veut pour son inaptitude à se laisser dériver vers des désirs charnels aussi tenaces que séduisants et comme une faute à moitié pardonnée lui avoue de manière obsolète
« Ben, j’ai aimé tes caresses, Ben, embrasse moi, Ben dis moi que tu ne m’en veux pas »
Elle est si belle dans ses inhibitions, comment pourrais-je lui en vouloir , pense t-il , en lui donnant un doux baiser , puis un baiser morsure , traduction irréfutable d’une attirance diaboliquement répréhensible.
Le torride de la situation réside dans l’initiatique parcours du désir et comme pour rompre le sortilège qui l’accable, il se lève comme un démon, une érection matinale mal camouflée sous le coton de son caleçon, afin de leur préparer un petit déjeuner digne de ce nom !
Musique sur la platine, il entreprend avec maestria l’élaboration d’un breakfast, œufs au bacon, pancakes, sirop d’érables, jus d’orange sous le regard attendri de son hôtesse, sans oublier un thé à la bergamote, of course !
« Il faut que je gagne mes galons de colocataire
-Colocataire ?
-Ben rappelle toi, à la base c’est pour cela que je suis ici
-Mais ...
-Je m’attends au pire !
-Heu....il y a malentendu !
-Ben voilà j’en étais sur ! Je t’écoute !
-L’appart en coloc c’est un peu plus loin sur le palier...on ira le visiter tout à l’heure si tu veux !
-Ai-je le choix ? Que vas-tu encore m’annoncer comme catastrophe?
-J’aurais du te le dire, je suis désolée, vraiment !
-Pas grave, je le prends quoi qu’il en soit, peut-être m’adopteras-tu à la longue ! » marmonne-t-il entre ses dents presque imperceptiblement
Malgré la désinvolture du ton de sa voix, Benjamin vient à nouveau de prendre une gifle en pleine figure ...presque dans l'attente d'une prochaine désillusion!
A suivre ...


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