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Colonne pages

SUMMERTIME

      

      

                                                                                              

                                Normal_4_nus_2

Deux corps enchevêtrés s’éveillent lentement dans la douceur du matin. Une chambre anonyme, nid d’amour vite improvisé, accueille leur émergence somnolente après une nuit par trop éreintante de Plaisir.

Elle, plutôt bien faite, un corps moulé dans le satin. Elle s’étire, discrète comme une chatte se réveillant aux aurores, essayant de s’extirper bien sensuellement de ces bras qui l’enserrent comme un trésor vivant.

Elle s’échappe, légère, contemple son apollon entre les rais diffus des lueurs matinales.

Les images se bousculent, les souvenirs prégnants d’une rencontre furtive, la spontanéité d’une attirance aussi sensuelle, qu’animale.

Il est si jeune, si beau, si insouciant qu’il en est troublant d’érotisme encore entortillé dans les draps blancs froissés, sa fesse gauche échappée de la toile de coton, sa jambe virile et musclée, repliée vers son ventre. Son sexe lourd sommeille encore sous les premiers rayons de soleil qui inondent la chambre.

Elle savoure l’instant, les instants se succèdent, et elle reste à le dévisager ainsi, allume sa première cigarette, la dernière du paquet. Ils ont beaucoup baisé, intercalant bulles et volutes de fumée entre leurs moments de plaisirs sans cesse renouvelés.

Plus tôt dans l’après midi, elle l’a suivi, presque instinctivement.

Elle était entrée, au hasard d’une balade citadine, dans une toute petite échoppe, un de ces petits disquaires en voie de disparition, trop rares, à la recherche d’un vieux disque de Janis Joplin.

Il était là, au milieu des vieux tubes ensommeillés, rangeant avec un professionnalisme quasi suranné chacune des nouveautés qu’il venait de recevoir.

Elle affectionne particulièrement ces endroits démodés, comme les vieilles librairies qui fleurent bon le papier et la poussière. Papillonner entre les trop étroites allées, dégoter une vieille œuvre qui ne sera jamais plus éditée, tel est son plaisir, glaner à la recherche de rien et de n’importe quoi.

Ainsi il y a peu de temps, elle a fait l’acquisition d’un vieux bouquin d’Henri De Régnier, joliment illustré, La Pécheresse, un exemplaire numéroté dont les pages n’avaient jamais été effilées.

Ses recherches inopinées l’amènent où ses désirs l’entraînent, mais jamais, au grand jamais, elle n’aurait pensé finir sa journée et une grande partie de la nuit entre les bras d’un amant tombé du ciel.

Il l’a conseillée, très gentiment, a même trouvé l’exemplaire de Janis qu’elle recherchait, mais il l’a aussi désorientée, l’accompagnant dans ses déplacements de bac en bac, sa main nonchalamment posée sur sa taille. Son regard en disait long sur ses pensées pour le moins troublantes. Le temps avait pris des allures de postérité de telle façon que lorsque l’heure de la fermeture de la boutique est arrivée, elle s’est excusé, et, prétextant un soudain rendez-vous, a tenté de s’éclipser.

Mais il l’a retenu, a fermé le magasin, tiré le rideau de fer puis l’a entraîné vers l’arrière boutique.

Erotisée par cette jeune virilité en proie à des désirs, elle n’a opposé aucune résistance, quand sur sa bouche, il a posé un baiser, lorsqu’il il a défait les boutons de son corsage et glissé sa main sur ses seins palpitants. Il les a pétris avec une avidité évidente dans une sorte de pulsion incontrôlable

A cet instant, elle a essayé d’évaluer son âge, trente ans, peut être un peu plus, mais il ne lui a pas laissé le temps d’en trouver la réponse.

« Venez, partons d’ici », elle l’a suivi, oubliant le danger et la différence d’âge.

Tout s‘est accéléré, comme une bande film qui défile trop vite !

Ils se sont engouffrés dans l’hôtel le plus proche.

Sitôt, dans la chambre, il l’a collée contre la porte, posant une main ferme entre ses cuisses, sur le tissu de la jupe, pour affirmer ses convictions de mâle prédateur.

Bien loin d’émettre quelques doutes, elle lui a pourtant donné la réplique de la même façon brutale, glissant sa main sous la toile de jeans ...

Dans l’urgence de ses envies, il s’est déshabillé. Ce garçon devait être un esthète, vu la carrure sculpturale qu’il lui dévoilait, les envies dont il l’honorait n’en étaient que plus excitantes.

Une sensualité exacerbée l’a soudain poussé à se défaire de son corsage, mais lorsqu’elle a tenté d’ôter sa jupe, il a émis un non autoritaire avant de coller sa bouche sur la sienne, murmurant

« Garde ta jupe, tu m’excites ainsi »

Elle a aimé cette rigueur dans ses désirs, elle a aimé ce manque de tact, elle a aimé quand il s’est accroupi pour lui ôter sa lingerie, faisant glisser ses dentelles jusqu’au sol.

Elle a aimé quand il a humé sa culotte comme un trophée de désir.

Elle a aimé, et puis elle s’est abandonnée, entièrement à ses lèvres entre ses cuisses.

Contre la porte, il l’a prise debout, avec la force de sa jeunesse, jusqu’à l’orgasme fort et puissant. Elle a joui , sans retenue, ses ongles plantés dans son dos, puis ,une fois la jouissance retentie, il l’a portée jusque dans le lit ...

C’est seulement à cet instant là qu’il a commencé à l’aimer avec la tendresse d’un amant, la couvrant de baisers humides des pieds à la tête, n’occultant aucune parcelle de sa peau, renouvelant ses plaisirs à chaque initiatique effleurement épidermique.

Les étreintes tantôt charnelles, tantôt câlines se succédaient juste pour son plaisir, repoussant chaque fois plus loin les limites du ravissement. Ce jeune amant, bien loin d’être néophyte en la matière, comme elle aurait pu le supposer, n’avait rien à envier à la plupart de ses soupirants investis de sentiments délictueusement amoureux à son égard.

Ils ont peu parlé, beaucoup, gémi, ils se sont aimés jusqu’au bout de la nuit  d’un vorace appétit.

Le temps de brûler sa cigarette, tous les vestiges d’une nuit sans sommeil, resurgissent comme une source de jouvence, lui procurant dans le silence d’une nouvelle journée qui s’éveille, des frissons dilués sur sa peau de chagrin, cette enveloppe formelle d’une femme aux abords du déclin de l’érotisme.

Le temps d’une nuit, il avait su la rendre belle et désirable...

Perdue dans ses pensées, elle le regarde s’étirer, elle le regarde se lever, nu et beau comme un Apollon, elle le regarde s’approcher d’elle pour l’enlacer, mais le repousse ...

« Gardons un souvenir inoubliable de cette rencontre, restons en là »

Il lève la main pour traduire sa compréhension, et cette nouvelle attitude, lui rappelle amèrement qu’il est temps qu’elle s’en aille, il a revêtu son costume de jeune garçon !

Elle ne l’a jamais revu...Elle n’est jamais repassée devant la boutique  jusqu’à aujourd’hui, mais sur le mur un écriteau « A vendre » et sous le rideau de fer du courrier amoncelé.

Elle ne connaitra jamais son prénom, mais pour elle, il restera Janis !

© 2008 Mystérieuse

14 mai 2008

LA COLOCATAIRE (La suite...)

                                    

      

                                                   

                                      Untitled

La gifle amorce son retour lorsque Benjamin voit soudain Audrey se lever, entièrement nue, puis courir vers la salle de bain, lançant dans son sillage

« Pas le temps de prendre le petit déjeuner, je file sous la douche

-Putain, Audrey !

-Quoi ? Répond-t-elle les yeux écarquillés comme une enfant surprise

-Quoi ! Audrey, tu m’exaspères, laisse tomber, c’est moi qui prend ma douche et je me casse ! »

Elle s’attendait à tout sauf à cette réaction, entre colère et abandon...Mais curieusement son étonnement est étouffé par un étrange sentiment, un sentiment qu’elle n’a plus ressenti depuis longtemps pour un homme.

Cette réaction épidermique et soudainement autoritaire de Ben lui rappelle que derrière tendresse et respect se dissimule, une émotion plus forte, plus dévastatrice, la virilité avec un grand V, qui l’émeut plus que de raison. Mais elle n’en démord pas, et malgré cette brusque rébellion, elle poursuit sa course vers son salon de bain, simulant l’indifférence totale et argumentant son désaccord en se faisant couler un bain de façon fort bruyante.

La porte d’entrée claque ....il est parti, elle ne réfléchit même pas un instant et fonce à sa poursuite, entièrement nue, pour l’arrêter dans sa fuite, quand elle se trouve nez à nez avec Kate ...

« Où va-t-elle ? s’exclame Kate

-Kate, qu’est ce que tu fous ici ?

-Je passe te prendre, tu te rappelles séances photos à 10 heures, il serait temps que tu te bouges le cul

-Tu vois Kate, c’est pour cela que je ne t’aime plus, ta vulgarité, ton autorité....

-Ah oui, vraiment !

-Oui, Kate, je vais devenir grossière

-Hummm ! Enfin ma pauvre fille, tu es trop coincée pour ça

-Kate, tu m’emmerdes !

-Houlà, mais c’est qu’elle mordrait »

Benjamin, médusé, assiste à la scène sans broncher ...Il vient juste de comprendre qui est Kate et ne peut s’empêcher de ressentir l’émotion d’un amant surpris, alors même que la tromperie d’Audrey n’est qu’illusoire.

Mais l’amante bafouée, ne s’inquiète même pas de la présence de Ben, pire il semble même qu’elle n’ait pas pris conscience de l’existence d’un témoin. Elle harcèle Audrey de mots châtiés indignes de la gente féminine, allant même jusqu’à la bousculer, lui imposer un baiser et des caresses qui se voudraient intimement sensuelles si elles n’étaient violemment volées.

L’érotisme fantasmagorique que peut engendrer, chez un homme, une relation amoureuse entre deux femmes, vole soudain en éclat sous le regard de Benjamin, qui bien malgré lui intervient maladroitement au sein de la discorde.

« Kate !

-Tu es encore là toi !

-Kate, vous rejoindra plus tard, allez-vous en maintenant !

-Mais qui es tu, pour me parler ainsi, pauvre mec

-Kate, s’il vous plait ! »

Audrey vient de le rejoindre derrière le bar de la cuisine américaine et se love contre lui !

Ce corps meurtri de contraintes violentes, ainsi collé contre sa peau, lui ôte soudain toute aptitude de contrôle face à son rival au féminin. Les larmes d’Audrey perdues sur son épaule étanchent sa soif de plaisir éveillant une malveillance érectile sous le caleçon. Il ne peut décemment pas l’abandonner, ni même amorcer un quelconque déplacement, au risque de friser le pathétique ou pire, d’être accablé de dérision par son adversaire si peu dotée de compassion.

« Kate, pour la dernière fois, s’il vous plait, sortez d’ici...

-C’est pour cela qu’il te plaît pour sa politesse et ses belles manières .Ma Pauvre fille tu es tombée bien bas »

Le silence est le pire des mépris, dit-on, en l’occurrence, Kate, face à un mutisme dévastateur, jette de rage les clés de l’appartement au travers de la pièce et sort en claquant la porte violemment.

Serrant son hôtesse dans ses bras, essuyant ses larmes, Benjamin ressent soulagement et bien être quand Audrey lui murmure, comme une enfant, merci au creux de l’oreille.

Tournant la scène en dérision, qualifiant sa rivale de véritable furie, il accompagne Audrey jusque dans son bain.

« Qui est-elle pour toi, à part ton ex- amante

-Ma directrice de casting...

-Et ta tortionnaire !

-Oui aussi...elle est autoritaire et vicieuse, m’a entraînée dans des ....

-Chut Audrey, je ne veux pas savoir, prends ton bain puis rejoins-moi pour grignoter...Ok ?

-Ok, Ben, tu es un Amour !

-Un con, tu veux dire

-Non pas un con, un Amour, et puis quel self - control

-Oui je dois avouer, je m’étonne moi-même, entre cette nuit et...

-Cette nuit ?

-Ne joues pas les innocentes, tu l’es bien assez comme ça ...

-Tu ne te casses plus ?

-Non rappelle toi, j’ai un appart à visiter ! Allez détends toi je t’attends »

Combien de temps va-t-il encore résister à cette profonde attirance que lui inspire cette jeune femme...Comme pour juguler ses pensées arbitraires, retournant vaquer à ses occupations culinaires du matin, il s’adresse dans l’autodérision, à son sexe

« Et toi, arrête de m’énerver, un peu de respect, zut à la fin, elle ne t’a rien demandé ! »

L’effet est immédiat, ses pensées se diluent en songeant à la situation qu’il vient de négocier avec sérénité et brio, peut être une amorce clandestine d’un changement de sa destinée.

Cette irruption matinale lui a ouvert l’appétit, il dévore œufs et bacon, bientôt rejoint par Audrey, les cheveux encore humides, à peine maquillée, juste vêtue d’un grand chandail de laine et d’une courte jupe en toile de jeans noire.

Son œil inquisiteur parcourt la demoiselle de manière affable et sournoise à la fois dont Audrey n’es pas dupe

« Adorable !

-Et ?

-Et rien !

-Menteur »

Elle se glisse entre Benjamin et le bar, puis à la force de ses bras se glisse sur le comptoir de marbre noir, les jambes pendantes à hauteur de la taille de son hôte !

« J’aime ton parfum, tu sens l’amour

-Je n’en porte pas ...

-Alors tu sens vraiment l’amour ! Audrey, je vais te manger, le sais –tu ?

-Pas cap, lui répond t- elle en écartant ses cuisses »

Les mots s’estompent dans le silence de la pièce, il glisse ses mains sous la jupe, agrippe doucement les dentelles de ses dessous, les fait glisser avec délicatesse jusqu’à la pointe des ses pieds.

A peine a-t-il enfoui sa tête entre les cuisses de l’audacieuse, qu’il sent ces effluves si particulières qu’engendre le désir d’une femme en proie à ses pulsions.

Il s’en délecte, s’en enivre, lève son regard sur Audrey, qui, perdant d’un instant tous ses repères, laisse décliner lentement sa tête en arrière, dans un espoir de soumission à son plaisir qui l’envahit par vague chaude et frissonnante.

Mais les instants sont mal choisis, elle se ressaisit brusquement ...

« Non pas maintenant, lui dit-elle en sautant légèrement du bar

-Tu ne peux pas me faire ça, regarde dans quel état je suis !

- Rejoins-moi au studio dans deux heures »

Ce disant elle attrape à la volée un pancake, ingurgite une tasse de thé comme une purge et lui griffonne l’adresse sur un bout de papier, puis s’envole telle une feuille emportée par le vent.

« Audrey et .....L’appartement grogne –t-il entre ses dents », alors qu’elle est probablement déjà dans la rue

Le temps n’est plus au monologue avec son sexe, il n’y a guère qu’une douche froide qui puisse faire quelque chose pour lui !

A suivre...

13 mai 2008

LA COLOCATAIRE (La suite...)

                                             

                                    252890

Comment trouver le sommeil quand un souffle chaud et serein enflamme votre cou ! Un assoupissement vous enrobe, vous étreint sporadiquement pour vous abandonner et laisser libre cours à un imaginaire galopant dans le silence de la nuit.

Benjamin se bat inconsciemment contre les démons qui l’habitent épisodiquement ...Dilemme étouffant d’un homme en proie à ses désirs confrontés à un respect presque imbécile.

La chaleur corporelle d’Audrey contre sa peau, contre son dos, contre ses fesses lui procurent tour à tour plaisir et frustration, le silence se fait lourd, oppressant, à la limite de la rupture, du supportable.

Les images s’entrechoquent dans sa tête, un visage familier qui le nargue, puis s’éloigne, le visage d’une femme qu’il voudrait oublier, mais qui revient sans cesse comme un leitmotiv dans le refrain de sa vie chamboulée par l’érotisme d’une jeune diablesse aussi discrète que mystérieuse.

Remords, regrets tout s’enchaînent, de manière inextricable et peu contextuelle, mais c’est l’instant que choisit inconsciemment Audrey pour se retourner dans son sommeil entraînant bien malgré lui Benjamin dans son renversement somatique !

Son désir est bien plus que palpable, l’émergence de son appendice virile amorce une raideur au diapason de ses envies.

Comment résister ?

Il tente une main légère sur l’arrondi de la hanche, redécouvre une peau douce mais cependant frissonnante sous les effleurements plus que pudiques de Benjamin par trop discret, presque inhibé .Encouragé par cette réaction épidermique, il pousse plus loin son investigation érotico-sensorielle, glissant ses doigts par trop fébriles sur le ventre nu et agité d’une tension sensuellement perceptible pour l’homme en proie à ses pulsions qu’il symbolise bien malgré lui. Son membre tendu ne répond plus à sa rationalité empreinte de respectabilité quand Audrey, de manière allégorique, tend soudainement sa croupe, à la recherche d’un contact plus charnel, plus intense.

Ses doigts s’égarent doucement, parcourant chaque parcelle de ce corps par trop envoûtant, glissent de manière imperceptible sous le nombril jusqu’à se perdre dans un duvet naissant auréolant les failles d’une corolle aux pouvoirs érotiques.

Sous le linceul de l’obscurité nocturne, Audrey ressent chaque courbe de son corps sous la main caressante de benjamin. Elle en devine chacune des déclinaisons, en savoure, adepte d’un érotisme saphique, le voluptueux comme une amante à sa maîtresse, perdue dans le pouvoir tyrannique de ses désirs au féminin.

Elle réprime du mieux qu’elle peut sa dévotion à la délicatesse sensorielle de ces caresses, mais se perd en gémissements, en soupirs et autres frémissements et mouvances corporelles.

Comment résister à de telles audaces érotiques, si ce n’est en stoppant la course des doigts impertinents entre ses cuisses égarées par le désir naissant.

Pris au piège de son intrépidité érotique, Benjamin abandonne sa main dans une chaleur humide, rejoint, souverainement, par un sommeil complice de son impudeur jugulée.

Lorsque les premières lueurs du jour, au travers de la grande verrière surplombant le grand lit témoin d’un désir grandissant, mais néanmoins timide, vient les cueillir au bord d’un réveil douloureux, l’étreinte est restée figée, presque intemporelle, mais tellement traitresse de désirs inavoués ou stupidement étouffés.

Elle s’en veut pour son inaptitude à se laisser dériver vers des désirs charnels aussi tenaces que séduisants et comme une faute à moitié pardonnée lui avoue de manière obsolète

« Ben, j’ai aimé tes caresses, Ben, embrasse moi, Ben dis moi que tu ne m’en veux pas »

Elle est si belle dans ses inhibitions, comment pourrais-je lui en vouloir , pense t-il , en lui donnant un doux baiser , puis un baiser morsure , traduction irréfutable d’une attirance diaboliquement répréhensible.

Le torride de la situation réside dans l’initiatique parcours du désir et comme pour rompre le sortilège qui l’accable, il se lève comme un démon, une érection matinale mal camouflée sous le coton de son caleçon, afin de leur préparer un petit déjeuner digne de ce nom !

Musique sur la platine, il entreprend avec maestria l’élaboration d’un breakfast, œufs au bacon, pancakes, sirop d’érables, jus d’orange sous le regard attendri de son hôtesse, sans oublier un thé à la bergamote, of course !

« Il faut que je gagne mes galons de colocataire

-Colocataire ?

-Ben rappelle toi, à la base c’est pour cela que je suis ici

-Mais ...

-Je m’attends au pire !

-Heu....il y a malentendu !

-Ben voilà j’en étais sur ! Je t’écoute !

-L’appart en coloc c’est un peu plus loin sur le palier...on ira le visiter tout à l’heure si tu veux !

-Ai-je le choix ? Que vas-tu encore m’annoncer comme catastrophe?

-J’aurais du te le dire, je suis désolée, vraiment !

-Pas grave, je le prends quoi qu’il en soit, peut-être m’adopteras-tu à la longue ! » marmonne-t-il entre ses dents presque imperceptiblement

Malgré la désinvolture du ton de sa voix, Benjamin vient à nouveau de prendre une gifle en pleine figure ...presque dans l'attente d'une prochaine désillusion!

A suivre ...

10 mai 2008

JUSTE FEMME

                                                            Bild14

Quand une femme aime, elle est capable de tout, capable de patience, capable de dévotion, capable d’abstinence.

Quand une femme aime, elle voyage, légère, sans aucune contrainte cérébrale, dans un monde qui flirte en permanence avec l’irrationnel.

Un désir incessant guide chacun de ses pas, chacune de ses pensées, elle peut tour à tour être secrète ou déborder de vie, étaler ses états d’âme sans aucune pudeur, jouer les indiscrètes ou bien les impudiques, dans le seul but d’attirer l’attention de l’être sur lequel elle a jeté son dévolu.

Elle le traque, le pénètre de toutes ses envies, s’offre comme une femme racée et distinguée, ou comme une vulgaire catin prête à tous les désirs de l’homme convoité.

Mais elle n’en demeure pas moins, une prédatrice charnelle dotée de pouvoirs malicieux, de dérives sensuelles, maîtresse de ses désirs, quant l’amant impétueux, doté d’un esprit tyrannique ou par trop ambitieux, témoignent à son égard une disgrâce fatale à sa féminité.

Elle rivalise alors d’imagination , s’invente des mises en scènes parsemées d’érotisme ou même pire de théâtralité dans lequel elle endosse le rôle d’une garce prête à tout pour séduire sa proie , celui qui l’a sans détour diabolisée , occultée !

Capricieuse féline, elle improvise des rendez-vous, endosse des costumes de bourgeoise endiablée, avide de baise et de bestialité, ou celui d’une jeune fille à peine déflorée quémandant l’initiatique parcours d’une sexualité débridée.

C’est l’amour qui la gère, jusque dans ses dérives, elle frise le danger, adore les interdits des scènes érotiques dont elle se veut l’objet.

Objet de désir, objet de plaisir, prête à tout pour convaincre !

La virilité puissante de l’homme désiré, elle en rêve, la respire, la boit .

Elle devient obsessionnelle, intrinsèquement vitale.

Malgré tous ses échecs, elle ne peut se résoudre à l’abandon, car elle demeure celle, elle le  sait, elle en est convaincue, elle demeure la seule capable de le combler.

Impitoyablement amoureuse, elle va jusqu’au bout de ses désirs quitte à enfreindre des limites qu’elle ne se croyait pas capable de franchir.

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Ainsi ce soir, il a loué une chambre dans un hôtel minable, juste parce qu’elle lui a demandé.

Il l’attend, elle le sait. Elle a fait en sorte qu’il l’attende, il n’a pas pu refuser.

Le jour vient d’amorcer son déclin crépusculaire, bientôt il fera nuit.

Elle monte l’escalier déglingué, encadré de murs lézardés.

Sur son passage dans le couloir mal éclairé, en maillot de corps, un homme à l’allure étrange ouvre sa porte, elle le sait, elle le sent, il pourrait à tout instant abuser d’elle.

Elle trouve enfin leur chambre.

A peine est-elle entrée, le dos contre la porte qu’elle dénoue la ceinture de son manteau de cuir sous lequel elle arbore fièrement bas et porte jarretelle, juchée sur des talons aiguilles.

Il la contemple, fier, son sexe  enorgueilli par son audace ...elle le prend en bouche juste avant qu’ils ne baisent debout, dans un décor sordide !

Elle veut juste lui réapprendre à aimer, elle veut juste qu’il l’aime !

© 2008 Mystérieuse

09 mai 2008

LA COLOCATAIRE (La suite...)

                               Peaucontrepeau1customkc9_2

Le temps n’est plus à la réflexion, il va falloir dormir pour affronter une nouvelle journée. Il ne sait toujours pas si Audrey l’accepte comme colocataire ou pas, à peine si ils en ont parlé...

Par pure précaution, Ben préfère tourner le dos à Audrey, qui le regarde, ses cheveux étalés sur l’oreiller, avec des yeux de biche alanguie.

« Pourquoi te tournes-tu, je te fais peur ?

-A vrai dire, oui un peu, je ne suis pas un surhomme, et être ainsi allongé dans le même lit que toi éveille en moi des ambitions bien légitimes

-J’ai envie que tu me prennes dans tes bras ...

-Tu abuses, il n’en est pas question !

-Allez, sois gentil, j’ai besoin de tendresse !

-Sais-tu à quoi tu t’exposes à me provoquer ainsi ?

-Non ! Embrasse-moi

-Audrey ça suffit ! »

Il se lève, prend l’oreiller et va s’allonger sur le canapé...

« Quelle âge as-tu Audrey, lui lance t-il  sur un ton, un soupçon irrité ?

-Pourquoi cette question ? 25 ans !

-Ça se voit une vraie gamine capricieuse ! »

Il regrette déjà les mots qu’il vient de lui adresser, dans la crainte d’une colère féminine et pourtant, sans se démonter, Audrey le rejoint juste enrobée du drap satin, sur la pointe des pieds comme une chatte fière et discrète.

« Et veux-tu savoir de quoi est capable une gamine capricieuse de 25 ans ?

-Oui je suis curieux de nature, et dans la situation présente encore plus ! »

Sans même laisser retomber le silence d’une fin de phrase, elle se défait avec grâce du tissus de satin blanc, pour chevaucher dans sa plus stricte nudité, Ben, qui, sous le coup de l’émotion, ne bande plus du tout ...

Elle est pourtant sublime, des reflets de lune dans ses cheveux, sa poitrine haute et tendue, sa taille fine, son ventre plat rehaussé d’un diamant en son nombril...et ses hanches si féminines.

Il sent son pubis frôler le coton de son caleçon, il en ferme les yeux, s’en mord la lèvre sans pour autant traduire ses émotions d’une manière plus mécanique.

« Encore ?

-Quoi ?

-En veux-tu encore ?

-Audrey, prends garde à toi »

Dans les yeux de la gamine de nouveaux reflets plus troublants inondent son regard, traduisant que derrière l’enfant se cache une femme charnelle, voir une garce.

La maîtrise cérébrale sexuelle n’est pas une faculté intrinsèquement masculine, pourtant, dans la situation présente Benjamin fait preuve d’un self-control dont il est lui-même étonné.

Par jeux ou par désir, Audrey poursuit sa reconquête, laissant son ventre, puis ses seins encanaillés effleurer le ventre et le torse de son compagnon.

Il n’a qu’une envie, la manger, la dévorer, donner la répartie à son audace irrespectueuse !

De quoi a-t-elle envie, que veut- elle, il ne préfère pas y songer et se referme derrière le rideau de ses paupières clauses, pour ne plus la voir, pose ses mains sur ses oreilles pour ne plus l’entendre murmurer les mots baisers, les mots caresses...

Elle l’exaspère et le séduit de plus en plus ...elle a gagné, elle le sait, les attitudes mensongères de ses désirs témoignent d’une attirance charnelle émouvante pour la femme qu’elle est !

Convaincue de ses capacités de l’avoir ébranlé, elle se relève doucement, prend la main de Benjamin et l’entraîne vers le grand lit par la lune éclairé.

Il la suit bêtement, presque instinctivement, s’allonge à nouveau à ses côtés, lui donne un baiser sur les lèvres .Lorsqu’elle se love contre lui, son corps imbriqué dans le sien, il sent la chaleur humide de son sexe comme un aveu, comme une prière, mais malgré cela ne témoigne d’aucune défaillance, si ce n’est....

« Ton désir est palpable, si je peux m’exprimer ainsi, lui lance t-elle en riant, entourant avec vitalité, de ses cinq doigts sa queue bandée, mais tu as raison, il vaut mieux dormir. »

Garce !

L’instant d’après leur corps ne font plus qu’un, leurs bouches sont scellées l’une à l’autre, leurs regards délavés par un désir complice et pourtant c’est ainsi qu’ils s’endorment, corps et âmes malmenées, s’interdisant mutuellement une relation trop viscérale qui s’achèverait au bout de la nuit !

Il n’est de plus violents et délicieux émois que ceux  suscités par le désir de l’autre sur une voie jalonnée d’initiatiques dérives sensuelles.

Avoir envie de donner envie et l’attendre en partage, tel était le troublant parcours qu’ils venaient de s’imposer mutuellement et instinctivement.

A SUIVRE...

 

08 mai 2008

ALLEGORIE

                                                

1324569110_2

Elle aimerait tant que derrière l’objectif, ce soit son regard,  à lui, qui la fixe, la sonde, la fasse frissonner...

Préfère- t-il la  vie en noir et blanc ou en technicolor?

Aime-t-il le galbe de ses seins, aime-t-il qu'elle se dévoile à lui dans une semi nudité clandestine?

...

Autant de questions qui heurtent sa conscience, qui reviennent en elle comme un écho, en fleurs de l'interdit !

Mais audacieuse elle est, audacieuse, elle demeurera, car elle n'attend que lui, qu'il vienne cueillir son âme captive de son attachement à lui ...

07 mai 2008

CAPTIVE

                                                 

                                                     Miss

Comme captive du linceul de ses envies

Prisonnière en ses filets, à sa merci

En regrets douloureux j’alimente mes dérives

Voyageuse funambule aux frontières de ses rives.

Dans l’aurore blafarde, mes désirs prennent vies

En caresses intimes sur mon corps alangui,

Délavant la noirceur de mes amères pensées

Alimentant mon cœur de larmes plus colorées

Ces dérives érotiques qu’à lui seul je destine

Addictives insolences d’une amante mutine,

Eclaboussent ma peau de délicieux frissons,

Alimentent mes rêves de jeux plus polissons

Esthète de mes désirs, témoin de ma luxure

Il accompagne mes gestes au bord de la rupture

Son regard pernicieux collé au fond du mien

Comme un mal délicieux qui me ronge et m’étreint.

La ténébreuse clarté qu’en mon corps il diffuse

Comme la fidélité d’un poète à sa muse

Accompagne mon âme jusqu’à la jouissance

Jusque dans les soupirs de ma déliquescence.

Trublions de mes nuits, lumières de ma vie

Que ces désirs voraces qui me rattachent à lui

Il règne comme une ombre sur ma féminité

Intimement empreinte de sa lubricité

© 2008 Mystérieuse

06 mai 2008

ECLATS DE VIE

                                                 Dscf363913

Quand ses éclats de rire consolent mes tristesses, qu’il diffuse dans mon sang une sorte de liesse, comme une pluie d’été sur une terre trop sèche, je brûle du  désir d’enfin le retrouver, de le sentir sur moi, en moi jusqu’à la satiété

L’arôme du plaisir embaume soudain la pièce, électrise l’ambiance d’une note plus épicée, illumine mon corps de couleurs chatoyantes à l’image du sort qu’il vient de me jeter.

Oubliant les griefs dont je voulais l’accabler, occultant mes misères dont il est le coupable, je décline, femme légère, impure à  volonté vers ses désirs parfumés de malice et de lubricité.

Comme une éclaboussure, il m’imprègne de lui, alimentent mes veines d’un sang fluide et brûlant, parcourant ma peau fébrile d’un regard appuyé dont le reflet magique ôte toute partialité.

Il se veut souverain de mes désirs de lui, accompagnant mes gestes en plaisirs interdits. Entre mes cuisses offertes, il devine mon sexe, vibrant, presque affamé, de sa bouche gourmande du nectar, qui s’épanche en larmes de jouvence au goût suave et salé.

D’une main autoritaire, il bouscule mes audaces, quémande despotique une attitude soumise, une offrande totale, ouvre mes cuisses  en V dévoilant à ses yeux un bouton gorgé de ruse et de félicité. Il y aventure un doigt pour mieux le malmener, le  dirige vers ma fente, l’imprègne de la cyprine traitresse de mes désirs.

Je ne suis que soupir et spasmes alimentés de ses caresses plus poussées en mon fourreau séduit, qui l’enserre, l’engloutit comme un piège secret de mes fébriles intimités.