La reine de la mise en scène, Lou était ….Bien qu’elle ne connaisse pas vraiment bien Benoit, pour ne l’avoir finalement fréquenté qu’une nuit, elle avait extrapolé, avait entrevu un homme gourmand de situations haletantes et compliquées. Ou du moins l’avait-elle espéré ainsi et son petit jeu mesquin allait la conforter dans ses intuitions premières.
Elle avait joué ainsi un moment avec les mailles de son collant, croisant et décroisant ses jambes, assise sur le haut tabouret, à chaque fois qu’elle trempait le bord de ses lèvres dans le verre de chardonnay que Benoit lui avait servi. A aucun moment son regard n’avait défailli, elle n’avait quitté un seul instant celui de Benoit, qui lui, avait perdu de sa stabilité pour se concentrer entre les cuisses de Lou.
Voilà, des mois qu’il rêvait de la baiser, et après un moment de faiblesse, voilà qu’elle le punissait de son incapacité passagère en le torturant, en lui barrant l’accès de son intimité. Cet affront avait eu le mérite de le faire bander comme un âne, Lou ne s’y était pas trompé, elle en savourait le résultat.
Sous la toile de coton, la forme de sa queue se profilait, de manière fort vindicative, en travers, prête à trahir ses émotions.
A en juger par cette excitante apparition, Benoit avait omis tout caleçon, elle savait jauger cela, au premier coup d’œil, chez un homme. Elle avait aimé cette initiative et pour lui montrer sa reconnaissance, elle avait dézipé la braguette, et plongé sa main, par la fente, dans la tiédeur du pantalon, ses yeux toujours plongés dans ceux de Benoit. Lorsque conquérante elle avait brandi le sexe de Benoit comme un trophée, elle avait outrepassé ses droits, usurpant à Benoit son droit à la virilité. A vrai dire, sa réaction avait été brutale et totalement incontrôlable, bien au-delà de celle que Lou avait volontairement provoquée
Il l’avait arraché au confort douillet du tabouret, d’une main puissante et agile, avait poussé le siège d’un grand coup de pied, avait retourné Lou de façon à ce que sa poitrine repose sur le bar .Les grandes mains nerveuses de Benoit avaient alors imposé leurs ordres silencieux.
Une bile rageuse avait envahi Lou, soudaine, furtive, qui n’avait pas résisté longtemps à l’excitation de la situation.
Avant même qu’elle ait réalisé, les mains de son amant s’étaient emparées de ses hanches, puis l’une d’elle s’en était détachée pour empoigner avec violence, les boucles des cheveux dénoués de Lou, tirant sa tête en arrière, la cambrant d’avantage. Puis, avec la même autorité, son bras s’était entouré autour de la taille de Lou, ajustant son cul moulé dans la maille à son aine et à son sexe tendu à l’extrême.
Lou avait tenté de manifester son mécontentement, lorsque les doigts de Benoit entremêlées dans ses cheveux avaient maintenu cette étreinte brutale, mais il l’avait interrompu dans sa tentative, non par la force, mais une petite phrase insidieusement glissée au creux de son oreille.
« Ne te retourne pas petite pute, maintenant tu es à moi.»
Stupéfaite par le ton impérieux de la voix de Benoit, elle n’avait plus bougé, mais l’audacieuse autorité dont il avait fait preuve, avait eu pour effet de la déstabiliser. Un désir fulgurant, puissant était monté de ses reins, un désir dont elle avait attribué l’origine à l’insulte dont Benoit l’avait accablée. Il avait sur elle, un pouvoir évident, qu’elle aurait bien du mal à juguler tant il allait dans le sens de ses désirs secrets. Elle avait peu de goûts pour les proies trop faciles, son plaisir résidait dans la capacité, des hommes qu’elle séduisait, à savoir se défaire de ses griffes démoniaques. Un désir bouillonnant avait parcouru ses veines, décuplant ses envies de se faire posséder, sans prémices, sans caresse, juste pour le plaisir de se sentir possédée.
Suspendant un instant sa respiration, elle l’avait, l’instant d’après, perçue haletante, saccadée, jusqu'à ce que son rythme cardiaque s’accélère démesurément, exagérément, traduisant une acceptation muette de sa dérive en soumission.
Il avait poursuivi son attitude, empreinte d’invectives, puis s’était radouci soudainement, murmurant doucement des mots traduisant son addiction à la docilité perverse qu’elle lui offrait.
« Bien, je vois que tu deviens plus docile, tu vas aimer ce que je vais te faire »
Il s’était mis à jouer malicieusement avec la résille élastique et souple du collant, la claquant sur le sexe de Lou, sans douceur particulière, tiraillant la maille, emprisonnant son bouton rougeoyant dans des formes géométriques aux pouvoirs érotiques.
Songeant à chaque instant, que dans un moment d’excitation irrépressible, il pourrait lui arracher son collant, elle s’était inventé des scènes jouissives, peuplées d’inconnus, dans un bar, n’importe où, pourvu qu’il y ait du monde témoin de cette scène.
Benoit avait soudain assouvi ses fantasmes les plus enfouis. Glissant une de ses mains, le long des cuisses de Lou, il avait, d’un seul coup d’un seul, engouffré ses doigts dans la maille, et déchiré d’un geste sec et efficace la résille. L’espace convoité était à présent libéré, offert, indécent, lubrifié, arrogant. Elle aurait du avoir honte de ce sexe pleurant de désir, il le lui avait dit, en enfonçant deux doigts dans son petit chat trempé.
Il avait raison, elle aurait du avoir honte, elle était mouillée comme une femelle en chasse, mais le fluide de ses envies avait décuplé son plaisir inavouable argumenté par l’image d’anonymes en train de les mater.
Lorsqu’il s’était saisi d’un de ses seins échappés de son décolleté, qu’il l’avait malaxé, pétri torturé, elle avait aperçu le barman lui prêter un regard. Au même instant, elle avait senti le sexe de Benoit palpiter sur ses fesses cambrées, puis une main plus douce s’emparer de son sexe pour le faire vibrer, palpiter, tressaillir jusqu’au bord de l’orgasme.
Il l’avait transformée, par le seul fait des mots et de sa dominance en une femelle avide de jouir, loin du conventionnel d’une morale réductrice.
Allait- elle lui avouer, que lorsque son corps plié sur le bar, la poitrine torturée par sa mauvaise posture, elle avait une fois encore entrevu le barman, mais cette fois dans un éclat lubrique, jeter un regard complice à l’homme qui se trouvait derrière elle.
A cet instant précis, Benoit avait choisi de se glisser au fond d’elle. Il n’était plus temps de se défendre de cet assaut soudain, elle s’était brutalement laissée prendre, haletante, émouvante derrière ses yeux mi clos qui semblaient supplier à l’ardeur de Benoit d’aller toujours plus loin …Il avait continué à la marteler ainsi, son sexe ancré profondément au creux de son ventre .Il avait continué à l’injurier à chacun de ses coulissements, soufflant à son oreille des insanités la réduisant à la pire des catins. Elle s’était mise à pleurer de honte, de rage, mais surtout de plaisir, quand, dans un ultime soubressaut, Benoit était allé plus avant, ses mains crispées sur sa taille, une dernière fois, avant de se retirer et d’éclabousser ses vêtements et le haut de ses reins d’une abondante semence brûlante, fruit généreux d’une jouissance volée.
Lorsqu’il s’était arraché à elle pour la maculer de son plaisir, la tête, en arrière, toujours coincée contre le bar de la cuisine, elle avait joui dans de longs spasmes violents, d’avoir été ainsi bafouée.
Benoit, regardant le fluide de son plaisir dégouliner sur la peau de son amante adorée, l’avait encore éclaboussé d’un dernier « salope » avant de l’embrasser profondément.
Le temps qu’elle reprenne ses esprits, les yeux fermés, elle avait encore vu un instant, une foule anonyme et agitée la scruter avec dans le regard l’éclat de la concupiscence.
Elle n’avait jamais raconté à Benoit, les images fantasmagoriques qui ce soir là avaient accompagné leurs émois…Et pourtant c’était comme si ce soir là, il avait compris…qu’elle aimait l’illicite des situations les plus banales…Elle était devenue depuis « sa petite pute chérie » comme il aimait la prénommer lorsqu’ils se retrouvaient illicitement dans la médiocrité des chambres méticuleusement sélectionnées pour ce même critère.
« Oui, fais moi jouir encore, Benoit, si on sortait lui dit-elle plus doucement, en s’arrachant à la possession »
Il respecte, il aime ses envies aussi soudaines que surprenantes…Il le sait, elle est capable du pire comme du meilleur, mais toujours pour le meilleur !
A SUIVRE ...
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